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Tunisie: Festival de musique symphonique d'El Jem, une vague déferlante nommée Globalis
Tunisie: Festival de musique symphonique d'El Jem, une vague déferlante nommée Global 1 Août 2007
Publié sur le web le 1 Août 2007
Adel Latrech
Conquis par le charme exquis des solistes de Globalis, le public, galvanisé, leur fait un triomphe mérité. L'attrait exercé par cet orchestre, d'essence supérieure, sur les foules a de quoi nous laisser optimistes sur les goûts du public lorsqu'ils sont censément engagés.
Le concert du samedi 28 juillet donné par l'Orchestre symphonique Globalis de Moscou à l'amphithéâtre d'El Jem fera date dans les annales du festival. En tous points, il nous rappelle celui donné sur la même scène par un autre ensemble russe, l'Orchestre de chambre de Moscou, un samedi 30 juillet 2005. C'était la même puissance et la même intensité. Une quinzaine de jeunes virtuoses a créé la surprise et fait sensation. Leur réputation d'excellents solistes capables de prouesses les a précédés.
Ils se sont produits un peu partout dans le monde et ont accompagné les meilleurs solistes et virtuoses de la musique dans des concerts d'anthologie en Europe et ailleurs. Ce qui les prédispose à figurer en tête des virtuoses de la nouvelle mouvance de la symphonie musicale. Le sérieux du travail de recherche et la passion dévorante qu'ils ont pour la musique, et qui se lit dans le regard et le toucher, les motivent au point où, pour réussir et atteindre un tel niveau de perfection, ils n'ont eu d'autres alternatives que de se surpasser en tentant de faire toujours mieux.
C'est devant un public passionnément épris de la grande et belle musique et en présence de M. Hédi Mhenni, secrétaire général du RCD, des autorités régionales et de diplomates essentiellement européens qu'a été donné, avec infinement de grâce et de force, le coup d'envoi.
Tout au début, en ouverture, un duo de solistes, Ivan Ivanov et Stanislas Malichev, nous a interprété un concerto grosso pour deux violons de l'Opéra des quatre saisons de Vivaldi qui a composé l'essentiel de la première partie. Chacun des concertos de ce violoniste et compositeur de génie, dont les oeuvres continuent de nous interpeller, est un tableau résumant dans sa partition les caractéristiques des saisons. Dans ce jeu, les violons ont exprimé les grands événements de la vie quotidienne des gens au cours des saisons de l'année. Remarquable de talent, le duo a su avec infiniment de dextérité exprimer les trois mouvements de cet opéra.
Après la pause, c'est au tour de Tchaïkovsky d'être à l'honneur avec, en prélude, une valse et un scherzo joués à la violoncelle par la blonde Olga Kalinova qui s'est également attaquée à des mélodies du Lac des cygnes et des sérénades qu'une oreille bien rodée est à même de saisir.
Avec Aleksander Glazounov, compositeur russe, auteur de symphonies et de musique de chambre, Globalis a interprété, sur des thèmes russes, de fort belles variations.
La clôture s'est faite dans la pureté et la perfection de la forme recherchées par Camille de Saint-Saens. Et c'est le magnifique Stanislas Malichev qui s'est fait de son violon l'interprète de cette musique dite d'inspiration, parce que née d'une improvisation. Le jeu du violoniste est admirablement éloquent. Il s'en dégage un sourd lyrisme, une vibration spirituelle qui trahit l'élégance et la distinction de son maintien. Jouant à la perfection sur les sentiments, il cultive la nostalgie et la mélancolie propres à l'âme russe qu'il a rendues avec beaucoup d'émotion et de charme. Sous une salve d'applaudissements qui fusait de toutes parts en témoignage de sa vive admiration et de son extrême plaisir, le public qui le réclamait n'avait de cesse que de le voir remonter sur scène pour poursuivre un concert où tous les solistes faisaient bloc. Ils étaient ravis et le public, en délire, n'en finissait pas de battre des mains.
A l'issue du spectacle, le jeune soliste nous a fait part de son émotion et de sa gratitude pour le public tunisien. «En mon nom personnel et au nom de tous les solistes de Globalis, je remercie tous ceux qui sont venus lors de notre passage en Tunisie et qui nous ont permis de vivre ces instants magiques. J'espère qu'à Monastir et Sousse nous aurons le même triomphe».
Quant à M. Jan Pajecki, chef de la représentation économique et commerciale de la Maison Wallonie-Bruxelles, très admiratif, il a déclaré : «Un magnifique concert, un cadre qui fait rêver et, par-dessus tout, un public connaisseur et généreux dans ses épanchements, El Jem ne cesse de nous séduire et nous enchanter».
M. Mabrouk Laâyouni, le directeur du festival, très en verve nous a déclaré : «Je tiens à féliciter nos amis russes qui ont programmé cette merveilleuse troupe dans sa tournée en Tunisie. Je tiens à inclure dans mes félicitations Tunisiana pour sa précieuse collaboration sans laquelle presque rien n'aurait été possible. En matière de partenariat, on ne fait pas mieux». |